BELGIQUE : DUJAQUIER - MARTIN

BELGIQUE : DUJAQUIER - MARTIN

Dujaquier Philippe remporte le 1er international Béziers yearlings! (2004)

 


 Après seulement deux années de retour à la compétition à son propre compte...
Philippe DUJACQUIER de Naast

 


C’est presque un jeune amateur qui vient de remporter cette première épreuve internationale à portée de Béziers. Depuis cette année, en effet, le concours de l’Indépendante de Liège qui se disputait auparavant sur Narbonne fait partie du calendrier international.
On ne peut malheureusement pas parler de véritable succès pour les organisateurs qui ont juste pu réunir un contingent supplémentaire de pigeons français ainsi que quelques allemands. Les Pays-Bas n’étaient pas autorisés à participer à la fête et ce en fonction de l’organisation de concours nationaux “protégés” à portée de Dax et Bergerac.
C’est regrettable, tout comme l’est le manque flagrant d’informations au sujet des premières arrivées. L’Indépendante peut invoquer l’un ou l’autre retard de telle ou telle ralliante lors des premières informations, toujours est-il que près d’une semaine après le déroulement de l’épreuve il demeure malaisé de “sortir” une ébauche de classement international.
Ces petites remarques, se voulant constructives, à émettre à l’égard des organisateurs, n’enlèvent en rien le mérite de la formidable victoire d’une toute jeune colonie managée, pourrions-nous écrire, par un “vieux routiné" du sport colombophile. 


Interdit de participer aux compétitions dans sa jeunesse!
C’est en 1975 que Philippe Dujacquier fait connaissance avec le monde du pigeon. Au hasard d’un chemin, il découvrira un égaré. Le recueillant, une de ses connaissances lui fournira un autre volatile afin de former un couple. Les semaines et ensuite les mois passèrent mais pas un seul jeune ne vit le jour. Et pour cause…
Il s’agissait en réalité de deux mâles. Lorsqu’il se rendit compte de la situation, Philippe fit l’acquisition de deux femelles chez une personne au jugement plus fiable que son premier fournisseur. Les quatre volatiles allèrent de la sorte rejoindre les poules dans le petit poulailler familial. Bien évidemment, la cohabitation fut catastrophique et les maladies les plus diverses firent très vite leur apparition. Le paternel décida la construction d’un petit colombier mais avec la stricte interdiction de participer aux concours. Elever des pigeons, oui. Participer à un jeu d’argent, non!



 

Philippe accepta les conditions mais avec les doigts croisés dans le dos… Il ne respecta en fait pas tous les termes du contrat et dès que le paternel avait le dos tourné, il enlogeait l’un ou l’autre pigeon au concours. Ce qui devait arriver arriva et il se fit prendre la main sur le constateur. Il s’en tira avec une pirouette mais la voie était désormais tracée, la brèche ouverte, il ne restait qu’à s’y engouffrer.
Il dévora alors tout ce qui pouvait l’être au niveau de la littérature consacrée à la colombophilie. Il apprit énormément mais ses résultats demeuraient bien en dessous de ses espérances.
Une première rencontre, avec M. Lescot, allait marquer un premier tournant. Philippe, en bon étudiant, mit en pratique les conseils qui lui furent prodigués et les premiers bons résultats commencèrent à tomber.


C’est toutefois la seconde rencontre qui viendrait changer totalement sa façon d’aborder la colombophilie.
Alors qu’il se trouvait à Beersel afin de se faire la main sur les meilleurs voiliers d’une vente, il fit la connaissance de Xavier Vanden Bosch de Beersel. La conversation s’engagea et la sympathie gagna très vite du terrain entre les deux hommes. Xavier mit Philippe au défi de lui rapporter toutes les bagues de ses éleveurs et de la sorte de recommencer à zéro avec le matériel qu’il lui fournirait. Fonceur, Philippe ne marqua aucune hésitation et c’est près d’une trentaine de jeunes du colombier Vanden Bosch qui prirent possession des lieux vides de tout pigeon.
La progression fut fulgurante et on retrouva très vite le nom de Dujacquier en tête de tous les résultats de la région. 

Vint alors la période des déménagements successifs, soit en raison des obligations professionnelles, soit en raison du mariage. Toujours est-il que le jeu de pigeons fut peu à peu abandonné, impossible de suivre en étant locataire ci ou là et en ne sachant très bien de quoi le lendemain serait fait. Des contacts étroits furent néanmoins gardés avec l’ami Vanden Bosch. Un moment, ne pouvant se passer de pigeons, Philippe rejoua même quelques pigeons au domicile parental. 

En 1999, il fait l’acquisition d’une maison à Naast mais les travaux à y effectuer sont assez coûteux et Philippe n’envisage pas de suite de s’installer à son propre compte. Durant trois années, il deviendra le soigneur de la colonie Clerebaut d’Ecaussinnes et ce jusqu’à la vente de ce dernier.
En compagnie de son ami Philippe Bert, il décide alors de construire ses propres colombiers chez lui. C’est en quelque sorte le premier véritable départ en colombophilie de ce globe-trotter de notre sport.
Philippe Bert ne s’arrêtera pas en si bon chemin et offrira une dizaine de jeunes de sa meilleure sorte afin de garnir les colombiers tout neufs. Xavier Vanden Bosch ira de nouveau d’un très grand panier rempli de cadeaux emplumés! 

En fait, les pigeons Bert étant plus vieux, Philippe débutera avec ceux-ci et remporta directement le championnat des pigeonneaux en demi-fond à la société locale. Issus de la troisième tournée, les oiseaux en provenance de la colonie de Beersel n’auront pas la vie facile. Ils se retrouveront au centre de la bagarre encore très jeunes. Un concours à portée de Toury faillit se révéler catastrophique. Il avait fallu attendre jusque midi en fonction des brumes estivales mais lorsque le lâcher eut lieu, le thermomètre voguait au-delà des 40 degrés. A leur troisième étape, les jeunes oiseaux dégustèrent et mirent, pour certains, plusieurs jours pour rejoindre Naast. La petite femelle lauréate de Béziers s’était déjà mise en évidence en étant l’une des premières à retrouver le droit chemin.
Le bilan de la saison des jeunes l’an dernier fut plus que satisfaisant avec 17 victoires au compteur! 

2004, la consécration, déjà!
La saison 2004 débuta avec 16 yearlings mâles qui seraient joués au veuvage classique. Huit femelles avaient d’abord été destinées à cette même méthode. Nous verrons les exploits de ces dames par la suite, attardons-nous d’abord sur la saison des veufs.
Quelques fameuses piqûres sont venues étoffer un palmarès plus que prometteur!

Ne prenons que quelques exemples… 
22/05 Gien 584 yearlings: 17, 31, 37, 70, 82, 104, 113, 117, 118, 143 de 10 engagés.
29/05 Auxerre 506 yearlings: 23, 28, 45, 61, 117, 121, 138, 169 de 8 engagés.
06/06 Bourges 406 yearlings: 1, 5, 24, 39, 64, 97, 110, 113, 124, 126, 134 de 11 engagés.
19/06 Châteauroux 174 yearlings: 5, 7, 17, 20, 35, 47 de 6 engagés.
03/07 La Souterraine 223 yearlings: 3, 4, 10, 17, 29, 37, 43 de 7 engagés.
17/07 Limoges 185 yearlings: 1, 2, 12, 13, 15, 18, 60 de 7 engagés.

De fameuses références!
Philippe avoue utiliser un petit plus dans la préparation des mâles qu’il met en loges. En fait, c’est dans la forme de la femelle que le mâle doit trouver une motivation extrême et il n’hésite pas à passer de longues minutes afin de présenter à chacun sa compagne qui doit lui sauter dessus afin d’obtenir l’effet escompté. A voir le pourcentage de prix, la méthode doit être fiable! 

Avec les dames, la préparation ne fut pas pareille ni d’ailleurs de tout repos. Elles furent d’abord jouées en veuvage, au nombre de huit, elles étaient lâchées au moins une fois par semaine à une bonne cinquantaine de kilomètres. Cet exercice se déroulait le matin, Philippe les emportait avec lui en allant travailler. Malheureusement, personne n’étant au poste pour enfermer ces demoiselles dans leur petit “chez soi” respectif, les unions homosexuelles vinrent très vite lui pourrir la vie. Il choisit alors de partir les entraîner le soir mais cela ne lui donnait plus la possibilité de s’occuper de ses autres pigeons. Sur conseil de Xavier Vanden Bosch, il finit par les accoupler de manière telle à avoir des œufs pour le premier concours visé, le Saint-Vincent national avec lâcher retardé. Il continua les entraînements des femelles, en même temps que celui des jeunes de l’année. Lorsqu’il mettait les pigeons en liberté, il remarquait que chaque fois la petite pâle se détachait du groupe et se trouvait au colombier lors de son arrivée alors que le reste de la troupe était toujours absent. La petite pâle réalisa de la sorte son premier exploit sur Saint-Vincent en remportant le 234e de 10.624 pigeons au national. La leçon avait été retenue par Philippe et c’est la même préparation qui fut au menu pour Béziers avec le succès que l’on sait!

 

Pedigre

 

e de la lauréate de Béziers international yearlings
Elle fut offerte à Philippe par son ami Xavier Vanden Bosch, avant que le tandem de Beersel arrête la colombophilie et donc que les parents soient passés sous le feu des enchères à Beersel. Le père venait de la colonie Viaene-Morent de Buizingen et était le résultat d’un rapprochement consanguin sur le “Fou” Imbrecht, via Jean-Marie Demeu de Bernissart.
La mère de la lauréate de Béziers est issue de la rencontre de sujets de la colonie De Cock de Temse avec ceux de chez De Schepper de Gooik. 

Cette petite femelle pâle possède une vitalité exceptionnelle et est dotée d’une musculature souple et rebondie. Elle ne tient pas en mains, se faufilant telle une anguille pour qui veut la saisir.
Par deux exploits de grande classe, elle vient d’apporter une joie intense à son nouveau propriétaire.

Un retour gagnant!
Deux petites années de retour à la compétition et une victoire internationale à la clé, il a fait fort le citoyen de Naast. La belle histoire d'amitié le liant au citoyen de Beersel est vivace, "surtout ne pas oublier de le remercier" nous dit Philippe.
Les résultats dont il nous a gratifiés lors de cette difficile saison 2004, frisant le score parfait presque chaque fois, laissent augurer d’un avenir prometteur. La joie que la petite femelle pâle a apporté au domicile de Philippe, sa charmante épouse et leur fille était vraiment palpable. Sans trop nous avancer, nous pensons sincèrement qu’elle n’est que le début d’une magnifique aventure.
Bravo Philippe!
 
Palmarès de la colonie :

1er INTERNATIONAL DE BEZIERS 6702 Ya 805 KM

1er NATIONALE BEZIERS YA 6191 YA

55e et 104e Nat Zones LIMOGES 7894 YA 565 KM

296e et 490e National LIMOGES 21929 YA

278e National SOUSTONS 9442p

125e National Femelles 4176 P

229e National ARGENTON 7358 p

42e et 118e Semi-National La Souterraine 3552 Vx

149e et 233e Natonal Zone Cahors 2863 Vx

155e et 237e  National (Hens)  St-Vincent 3320 (F)

131e et 210e National Zone St-Vincent 3316 Ya

373e et 656e National St-Vincent 10020 Ya

115e National Narbonne 4664 Ya

38e National Entente Belge 1686 Ya

32e FCW Narbonne 1621 Ya

150e International 5870 Ya

571e International 9224 Vx

422e National 5963 Vx

83e National Femelles St-Vincent 3313 Ya ( 867 Km )

86e National Zone B St-Vincent 3640 Ya

234e National St-Vincent 10624 Ya

1er & 5e Bourges Union Hennuyère 406 Ya ( 409 Km )

1er & 2ème Limoges 184 Ya

3e – 24e – 33e & 49e Soissons 1266p ( 145 Km )