BELGIQUE : MASURE Thierry

BELGIQUE : MASURE Thierry

Article extrait sur le site de Pipa

 

Masure Tierry & Gilles - Herinnes Vainqueurs national Tarbes - Belgique

Préfecture du département des Hautes-Pyrénées, Tarbes est une ville qui compte près de 50.000 habitants que l’on appelle ‘Tarbais’. On la retrouve programmée au calendrier national depuis 2007 (ou elle fut toutefois remplacée par Irun), année à partir de laquelle elle remplaçait Dax.
 

Si la distance par rapport à la Belgique est pratiquement égale, leurs dispositions géographiques diffèrent cependant. Dax étant située pratiquement sur la façade atlantique, Tarbes est un peu plus recentrée. Il suffit de jeter un œil aux vainqueurs de Tarbes depuis son instauration pour  réaliser que cela influence sensiblement le concours : depuis 2008, la palme n’a pas quitté une seule fois les terres hennuyères, après les victoires de V. Lisoen de Commines, des Miyashita 

l’année passée, et maintenant du tandem Masure père et fils. En 2007 aussi, le tandem Goossens-Druart s’adjugeait la victoire mais cette fois à partir d’Irun.
Le calendrier de grand-fond compte les mêmes étapes depuis de longues années. Les contingents ne s’en trouvent donc que très rarement influencés étant donné qu’ils n’ont pas à subir la concurrence des autres étapes, comme c’est le cas en grand demi-fond. Cette année, 4.623 belges prirent part au rendez-vous alors qu’ils étaient 4.812 l’année dernière. Une différence infime donc. Au niveau international, on notera une nette amélioration puisque le contingent total s’élève à 15.028 pigeons pour 12.849 l’année passée. 

Initialement prévu pour le samedi, le lâcher n’aura cependant lieu que le lendemain à 6h40 et ce, au vu des orages qui sévissaient au centre de la France. 
Le concours international fut remporté par le pigeon du hollandais Jos Martens de Stein, constaté à 18h56 pour 963km, pour une vitesse de 1309 m/min.
Au niveau belge, c’est donc le mâle roux de Thierry et Gilles Masure d’Hérinnes dans la région de Tournai, qui remporte la palme, constaté à 18h20 pour 869km, bon pour une vitesse moyenne de 1241 m/min.
C’est également la troisième fois cette année que la région du Tournaisis peut crier ‘Bingo’ et ce, après les victoires de Christian Harchies sur Bourges et de 

Damien Baert un mois plus tard sur Argenton preuve s’il en est que Tournai recèle un nombre inconsidérable de champions.

Présentation

Thierry Masure est colombophile depuis de nombreuses années. Il jouait déjà aux pigeons à Hérinnes courant des années 80. Les concours de fond avait déjà sa préférence et quelques top 100 furent d’ailleurs engrangés. A l’intérieur du pigeonnier, on retrouve d’ailleurs un vieil article de pigeon rit mentionnant une victoire tournaisienne à Barcelone, avec la 94e place nationale ainsi que la 18e place à la très convoitée aile d’or. Toutefois, par dégoût, toute activité 
colombophile fut stoppée net en 1999. Cet arrêt fut cependant difficile à surmonter tant le manque était grand. C’est ainsi qu’en 2006, ayant déménagé depuis dans un quartier résidentiel, la décision fut prise de recommencer le jeu. Ce ne fut toutefois pas simple d’ériger un pigeonnier étant donné le statut résidentiel du quartier.
Les installations ne sont donc limitées qu’à un pigeonnier de 11m comprenant 5 compartiments (3 pour les veufs, 2 pour les jeunes), ainsi que d’une volière attenante au pigeonnier destinée aux femelles de veufs. Les reproducteurs sont quant à eux logés chez la belle-mère. Père et fils se répartissent les tâches simplement : Gilles, le fils, s’occupe des jeunes à son retour de l’école. De part le manque de place, toutes les tournées sont regroupées dans les mêmes pigeonniers, première ou troisième tournée. Ceux-ci ne sont donc débloqués qu’en fin de saison pour acquérir un peu d’expérience. Thierry s’occupe quant à lui des 36 veufs qui prennent place chaque année dans les 3 compartiments. Pas de chichi quant aux soins, tout le monde reçoit le même mélange durant toute l’année, et ce même durant la saison sportive (le mue sublime de versele laga). En guise de préparation, ils reçoivent les derniers jours du start plus (également de chez Versele). Huile d’ail et levure de bière sont souvent au programme. De l’ail macéré dans de l’eau est également servi fréquemment. Tout cela avec la volonté de rester le plus proche de la nature. Père et fils ne réalisent que les vaccinations d’usage. Point à la ligne. 
La sélection est axée bien évidemment sur les concours. L’état de fraîcheur au retour est également pris en compte.

Un nouveau départ

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la récolte en 4 années de jeu est on ne peut plus exceptionnelle : outre le premier national, Thierry et Gilles ont remporté le 86e national Brive 17.456 pigeons, 64e national Cahors 5.441 pigeons, 56e national Bordeaux 3.197 pigeons, etc. Mais leur plus beau souvenir date de l’année dernière : ils remportaient déjà le 1er Euro Régions de Bordeaux et plus grande vitesse de plus de 17.674 pigeons avec le seul pigeon dépassant les 1000 m/min !!!! Cette année-ci, c’est à nouveau une victoire mais nationale cette fois, doublée d’une troisième place internationale. Qui dit mieux ?

Il ne faut pas oublier que père et fils ont comme devise de n’enloger que très peu de pigeons par concours, et qu’il s’agit d’une mini-colonie comparée aux spécialistes du genre. Deux pigeons à Barcelone, trois à Tarbes, etc… avec à chaque fois un égal succès puisque des top 100 sont engrangés ici et là. Est-ce le fruit du hasard ? Au vu de la régularité de leurs prestations et de la qualité qui peuple les installations de la rue du général Lemaire, on est en droit d’en douter. C’est simplement le tact avec lequel la colonie est gérée, la simplicité dans les soins et par-dessus tout, l’amour et le respect du pigeon qui sont à la base de leur succès. 

Comme je l’ai déjà souligné, Thierry et Gilles ont recommencé fin 2006 à investir de leur temps et se sont directement orientés vers les longs cours. Pour pouvoir aborder ces étapes de la meilleure des façons, ils se sont fournis chez des amateurs réputés : deux œufs chez G. Carteus, des Eric Devlaminck (ancien champion national grand fond), des G. Onyn de Renaix, des M. Demeyere, une femelle de chez feu H. Mornard, des Steketee Jac et enfin des origines plus locales avec les pigeons de son ami A. Pelliteri de Bléharies et des J. Moreau d’Obigies. Ils peuvent dès aujourd’hui s’appuyer également sur une nouvelle lignée assez prolifique.
Le père du ‘Tarbes’ est à la fois le grand-père du ‘Petit Bordeaux’ qui remportait le concours euro régions l’année passée.
Tout ce beau monde a été conservé…à juste titre !!

Tarbes

Il y avait comme un parfum d’euphorie à Herinnes ce dimanche…
Pas seulement grâce à la victoire du ‘Tarbes’. Plusieurs indicateurs étaient au vert quant à la réalisation d’un possible exploit. Grand-père depuis un mois, Thierry a reçu la visite de sa petite fille pour la première fois chez lui dimanche dans la journée. Il n’en fallait pas plus pour que, dans sa tête, il s’imagine déjà à rêver de compléter cette magnifique journée par l’exploit d’un de ses protégés. 
Secundo, en visite de la semaine chez son photographe Patrick, une connaissance de celui-ci de lancer à Thierry ‘Après Bordeaux l’année dernière, tu nous réserves quelque chose cette année à un national ou pas ?’. Thierry répondit en brandissant le programme de cureghem par un ‘Pourquoi pas ?’….et son doigt de se retrouver dans la liste en pointant…. Tarbes !!!!
Avouez qu’il n’en faut pas plus pour devenir superstitieux… 

Au poste depuis 18h après avoir calculé l’arrivée des pigeons pour 18h30, c’est donc à 18h20 qu’ils virent le ‘Tarbes’ arriver au ras des arbres comme une véritable balle. Très vite, les coups de téléphone fusèrent comme c’est souvent le cas dans pareille situation… Mais Thierry de rester calme car il s’attendait à être battu par les longs points. Ce ne fut cependant pas le cas et c’est d’ailleurs bien comme ça. Notre sport a besoin d’exemple comme celui-ci pour prouver au monde entier que les professionnels du genre, même si ils font rêver nombre d’entre nous, n’ont pas forcément la main mise et  qu’un exploit reste à la portée de tous. L’exemple de Bart Verdeyen est lui aussi frappant puisqu’il vient faire la nique à tous les grands du haut de ses 24ans. C’est aussi cela la beauté du sport colombophile. 
J’ai été très bien accueilli chez la famille Masure et j’y ai passé un agréable moment. Des rencontres comme celle-ci, avec des gens qui ‘transpirent le pigeon’ sont toujours les bienvenues. Même si vous en faites désormais partie, vous avez tout en main pour rester parmi les grands. 
C’est tout le moins que je vous souhaite. Félicitations de la part du PIPA team.