FRANCE : VAN ROOSE René

FRANCE : VAN ROOSE René

Article de la France Colombophile : 

 

Une colonie taillée pour tout dévorer

 

 

Sur le littoral de la Mer du Nord, René Van Roose a été l'un des hommes de la saison 2013 en fond et grand fond. Il décroche la 4e place aux Ailes d'or NPC et devrait remporter l'as pigeon national 2013 plus de 400 km.

 
Une colonie taillée pour tout dévorer

Avec Philippe Odent, il a été l’homme à battre au dépôt des ALC-CALC de Calais cette saison. Une nouvelle fois cette année, la colonie de René Van Roose a été la pointe du combat sur les concours de fond et de grand fond des ALC-CALC, avec une quatrième place aux Ailes d’or, le championnat Nord-Pas-de-Calais grand fond des ALC-CALC, quatrième derrière Philippe Odent (Calais), Serge Huchette (Roncq) et Hervé Samier (Auchy-les-Hesdin), quatrième devant Cuvilliez PF… René Van Roose a également glané une première place en fond vieux et grand fond au dépôt des ALC-CALC de Calais, une deuxième au championnat général calaisien sans jouer les yearlings et les jeunes. Il ne faudrait pas non plus oublier une percée remarquée sur Pau international, avec un quatre prix de quatre engagés (41e, 65e, 367e et 426e au national dans un contingent de 2009 pigeons), une performance confirmée sur Saint-Vincent international avec trois prix sur quatre. Tous ces prix de tête, ces places sur les podiums de fond et de grand fond du Nord de la France apportent une certitude : depuis son village de Landrethun-les-Ardres, entre Saint-Omer et Calais, René Van Roose a su se forger une colonie taillée pour les joutes les plus endurantes. Avec ses vents de bec, 2013 a été l’une des saisons les plus sélectives de ces vingt dernières années : René Van Roose a su être au rendez-vous. Cela récompense un colombophile qui est parmi les plus fins observateurs de la colombophilie européenne, un colombiculteur qui sait prendre sa voiture pour aller dénicher le sang d’avenir dans le monde du grand fond.

Champion de France… jeune colombophile. René Van Roose flirte tout juste avec la soixantaine et cela ne fait que dix ans qu’il est installé à Landrethun-les-Ardres. Mais sa culture du pigeon voyageur remonte bien au-delà. Agent commercial spécialisé dans l’éclairage – ce qui le conduit à sillonner le grand Nord de la France et à parcourir 50.000 km par an -, René Van Roose a découvert la colombophilie avec son père. "C’était un peu contraint et forcé par le destin, à 17 ans, à la suite de la mort brutale de mon père", raconte René Van Roose : "sous la houlette d’un de ses amis, Fernand Dewet, je fus alors initié au veuvage et reçu les ficelles du métier. Lors de ma première participation à un concours sur Amiens (110 m), je réalisais la meilleure performance et la passion s’installa rapidement, tant j’étais ébloui par la performance de mes coursiers !"
René Van Roose est alors un jeune amateur passionné par le pigeon voyageur. Aidé par son instructeur Julien Picque, il se présente au concours du meilleur jeune colombophile de France. Les épreuves se déroulent à Vincennes et notre jeune colombophile monte sur la plus haute marche du podium. René Van Roose se souvient de la récompense : "le parrainage d’un des ténors de la colombophilie belge, André Liétard !"
Comme beaucoup, René Van Roose suit la progression logique des débutants. Il se passionne pour la vitesse et le demi-fond, même si une envie le titille : les concours de fond et de grand fond. A ces débuts, René Van Roose cultive les Paul Darques d’Hazebrouck, soit les Janssen et les Comines, des Jules Dehantschutter, le dirigeant de La Colombophilie belge qui lui offre des Roosens de Lernes et des Richard Mersch de Stré. En 1984, René Van Roose excelle en demi-fond, notamment avec les Yves Samain de Hyon.



 

La fibre hollandaise. Dans la vie, il faut parfois savoir mettre ses passions de côté, se consacrer à sa carrière professionnelle, pour mieux revenir ensuite. Ce que fit René Van Roose de 1987 à 1999. Mais en 1998, en s’installant à Lomme, l’envie de rejouer est trop forte. "Mon épouse m’y autorisa." C’est le début de "la période hollandaise." Direction les Pays-Bas que René Van Roose va sillonner avec Florimond Dambrine. Mais pourquoi la Hollande et pas la Belgique, comme les Français le font de façon si coutumière ? "Quand j’ai redémarré, j’ai acheté des pigeons en Belgique et je me faisais rouler. Je me suis aussi vite aperçu que les Hollandais étaient les meilleurs et en 1999, j’ai reçu une qualité de pigeons que je n’ai pas trouvée en Belgique. En plus, les Hollandais savent respecter un amateur qui a fait 300 km pour aller à leur rencontre", répond René Van Roose. Le tout est de savoir où acheter. "C’est en effet important de regarder l’emplacement géographique des amateurs hollandais pour que cela marche chez toi, en France", précise René Van Roose : "pour nous, je pense qu’il est mieux d’aller en Zeeland où les amateurs jouent dans les mêmes conditions que nous, avec les mêmes vents que d’aller dans la région de Maastricht."
Dans les pigeonniers de Lomme, débarquent alors les pigeons des frères Frenken de Weert Overwater, les Saarloos puis les Paul Schreurs de Kadier en keer. "Ils se sont très bien adaptés à Lomme. Les résultats furent très bons en demi-fond, en fond puis en grand fond. Pour ma première participation à un concours international, je réalisais un 9 sur 15 à Dax, avec deux pigeons constatés à 21h50 et 22h. Quel beau souvenir !"
A la suite de malheureuses circonstances familiales, René Van Roose et son épouse décident de quitter Lomme et la banlieue lilloise "pour retrouver leurs racines". En 2003, le couple fait bâtir à Landrethun-les-Ardres pour s’y installer en 2004, année des premiers concours, en jeunes, à la société de Bois-en-Ardres. "Les résultats étonnèrent les amateurs de ma nouvelle société", se souvient René Van Roose. Des cartons en jeunes, mais déjà l’appel du fond et du grand fond refaisait surface : 3/4 sur Pau 2007, 5/5 sur Saint-Vincent 2008 avec le 6e national, 12/12 sur Langon 2008, 3/4 sur Pau 2009 dont le 31e international, 3/4 sur Barcelone 2009. Plus que jamais, René Van Roose est persuadé qu’il trouvera son salut dans le grand fond et pense de nouveau à renforcer sa colonie pour jouer les premiers rôles sur les marathons : "comme beaucoup de colombophiles, j’essaie d’ouvrir les yeux et de me renseigner sur ce qui se passe autour de moi pour renforcer ma colonie. J’ai suivi avec admiration les résultats des frères Scheele de Terneuzen et j’ai passé commande de 12 sujets de leurs reproducteurs. Cette introduction avait pour but de donner du mordant aux pigeons de fond. Les résultats furent au-delà de mes espérances, avec entre autres en 2010 le 1er sur Jarnac dans 3.103 pigeons et la plus grande vitesse des 8.000 pigeons engagés dans une épreuve très difficile, disputé sous la chaleur et pas vent de Nord-Est." Depuis, René Van Roose a accumulé les premiers prix et les performances d’envergure. En 2003, au dépôt de Calais, il se classe premier sur Jarnac (600 km), Brive (620 km, 43/6.081 au classement fédéral), Bergerac (700 km), Toulouse (815 km) et Cognac (600 km). L’idée est toujours de rechercher des pointeurs sur les concours de grand fond d’un jour. C’est pourquoi René Van Roose a aussi introduit les Leideman, avec la lignée du fameux Tip-Top (bon à savoir : André Leideman est le secrétaire du team Koopman…). "Croisé avec les Scheele, cela tombe bien." Et particularité de la colonie Van Roose : aussi bien en demi-fond qu’en fond et grand fond, à Landrethun-les-Ardres, comme ailleurs. Chez Frédéric Lemaître, le Grand René a engrangé six premiers prix. Jacques Lefebvre s’est classé 2e as pigeons sur les concours Nord-Pas-de-Calais 2012 avec le sang des Van Roose. Et la liste est longue.

Comme pour sa sélection des lignées introduites, René Van Roose est un colombophile pointu dans les soins. Les reproducteurs sont accouplés la première semaine de décembre. Jusqu’à aujourd’hui, les jeunes étaient seulement entraînés. Pour 2014, René Van Roose a choisi de jouer la jeune génération : "du fait de ma retraite, ils seront joués afin d’opérer une sélection plus rapide et certainement meilleure." Les veufs (une vingtaine de pigeons de jeu en saison) sont accouplés dans la première quinzaine de mars : ils couvent cinq à sept jours avant la mise au veuvage. La colonie est nourrie au bac. Au retour des concours et pendant deux jours, les pigeons ont un mélange riche avec de l’huile et des probiotiques. Puis ce sont 50% de dépuratif, 50% d’élevage. René Van Roose utilise les mélanges Versele-Laga et Matador. Enfin, pour attaquer les concours de fond, les pigeons ont un mélange sport à volonté, les trois derniers jours du Premium HE (avec cacahuètes et chènevis) étant servi. Pour le grit, René Van Roose utilise la gamme DHP Cultura.
Côté traitement, la colonie est traitée pendant douze jours au Parastop, un mois avant les accouplements, ainsi que cinq jours contre la tricho et la coccidiose avant le jeu. Deux fois par an, René Van Roose se rend chez le vétérinaire pour adapter, si nécessaire, les traitements. Contre les symptômes de tête, en mai ou en juin, la colonie est également traitée. Côté motivation, les femelles ne sont jamais présentées : seul le plateau est retourné une à deux minutes.
Vous le voyez, René Van Roose est un homme passionné, un colombophile qui ne laisse rien au hasard pour gagner. Cette passion du pigeon voyageur et de sa colonie, il aime aussi la faire partager : "j’essaie de faire de mon mieux pour parler de notre sport de façon positive. Je rêve que nos dirigeants, qu’ils soient du Calc, de la fédération ou des internationaux, se mettent autour d’une table et oublient les querelles de clocher ou de personnes pour que nos forces soient regroupées, et que chacun ait accès à de très beaux concours avec beaucoup de participants."
 

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